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Le Platane

Platane devant le Corps de Logis de style Louis XIII-Photo Asbl Les Amis du Château de Trazegnies

Le platane (platanus hybride ou ACERIFOLIA - "à feuilles d'érable", fait référence à la ressemblance des feuilles de cette espèce avec celles de l'érable et plus particulièrement à l'érable plane) est classé depuis le 03 août 1956.

Issu d'un croisement entre le Platanus Orientalis et le Platanus Occidentalis.

Le "platanus orientalis" est originaire du sud-est de l'Europe et de l'ouest de l'Asie. Son tronc a un aspect marbré car son écorse 's'exfolie en minces plaques. Il est essentiellement un arbre de position et d'alignement (cf les places des villages des pays chauds). Il pousse bien en Belgique mais il préfère sans doute un climat plus chaud; il demande en outre un sol frais, fertile et n'apprécie pas trop le calcaire.

Sacralisé en Grèce à cause de sa taille parfois impressionnante, il est arrivé en Italie vers 400 avant Jésus-Christ.

Il siège majestueusement dans la cour du Château, son feuillage présente des particularités uniques au monde. Chaque année, ses branches se couvrent de feuilles bigarrées où se mêlent les tons les plus vifs et les plus divers.

Ses dimensions (en 1976) - hauteur : 25 m; circonférence à 1,50 m : 4,32 m ; envergure: 35 m; âge estimé: près de 300 ans!!

Sa progression régulière est de l'ordre de 1,4 cm par an. Pour autant que sa croissance ait été régulière depuis le début.

Ses feuille sont caduques, palmatilobées, profondément découpées en 3 à 5 lobes dentés. De couleur vert foncé brillant puis jaune d'or en automne et mesurent 15 à 20 cm de haut pour 20 cm de large.

Le fruit est de forme sphérique d'abord vert puis brun qui persiste tout l'hiver. Il est composé de petits akènes (fruits secs) possédant de longs poils roux, groupés généralement par 4.

L'écorse s'exfoliant en plaques assez larges et minces, est lisse et de couleur grise avec des plaques jaunes et blanches.

Comment ce platane est-il arrivé dans la cour du Château ?

Il y occupe une position tout à fait excentrique. Etait-il une frontière symbolique entre la zone des communs et la zone résidentielle? A-t-il été une nouvelle espèce? Ou en témoin symbolique d'un événement important? Toutes les interprétations sont possibles...

Quoiqu'il en soit, il est bien charpenté et structuré. Son architecture est harmonieuse. C'est pourquoi, il est classé depuis le 3 Août1956 et il fait partie des arbres remarquables de Belgique (Eaux et Forêts- 1978).

Platane enneigé-décembre 2005-Photo Asbl "Les amis du château de Trazegnies

 

Platane dans la cour du château-Photo Asbl "Les Amis du château de Trazegnies"

 

L'Erable et Les "Maux de Saint Laurent "

On a tendance à confondre l'érable qui siégeait aussi dans la cour du château, aujourd'hui disparu, et le platane.

L'érable du château, sacré arbre fétiche par le folklore local, était en grande vénération. On l'avait surnommé "L'Arbre de St Laurent" car au début du siècle, une statue du Saint du même nom était conservée dans la chapelle castrale et faisait l'objet d'un véritable culte.

St Laurent était un diacre qui mourut en martyr en 253, rôti sur un gril sur l'ordre de l'empereur, parce qu'il avait refusé de lui céder les maigres biens ecclésiastiques dont il avait la charge. Mais avant de mourir, il fit jaillir de sa cellule une source d'eau vive qui, au contact de ses brûlures, les fit disparaître. Depuis lors, il est reconnu et prié pour guérir les maladies de la peau. A partir de ce moment-là, un véritable culte, partit de Rome, gagna nos provinces dès le 11ème siècle et les pèlerins venaient parfois de loin pour implorer le Saint guérisseur. Léonce Deltenre fait état de témoignages de ces pélerinages au château dès la fin du 19ème siècle.

Fêté le 10 Août, les dévots venaient se recueillir et faire le tour de l'arbre planté entre le platane et l'entrée des communs du château. L'érable était alors dépouillé de ses feuilles car, on croyait qu'il tenait son feuillage panaché d' une aspersion de pluie bénite provoquée par St Laurent et qui servaient, dans la foi superstitieuse des pèlerins, à guérir certaines maladies inflammatoires de la peau, comme les pustules, le zona ou l'impétigo,...

L'ardeur de pèlerins était telle que leur passage laissait l'arbre complètement dépouillé, comme mort en hiver alors qu'on était en plein mois d'août! La coutume voulait qu' "On effectuait par trois fois le tour de l'arbre, cueillant une feuille chaque fois que l'on passait sous la vaste ramure, avant de puiser de l'eau du puits, laquelle avait, elle aussi, la réputation de guérir les maux de Saint Laurent". Car en effet, à côté de cet arbre miraculeux (là où se trouve une pompe à bras, actuellement) existait un puits également baptisé "Puits de St Laurent" dont les eaux provoquaient, disait-on, une guérison miraculeuse des maux de peau dont souffraient plus particulièrement les enfants.

A cette époque, le château n'était accessible au public qu'à l'occasion du pèlerinage du 10 Août.

Aujourd'hui, cet érable a disparu car il était malade et son branchage, devenu envahissant, risquait d'endommager la façade du corps de logis du château. On pense donc à tort que l'arbre miraculeux, dont on vient de parler, est le Platane actuel qui trône dans la cour du château, alors qu'en fait, il n'en est rien, c'est bien l'érable aux feuilles panachées disparu qui était la cause de ce déplacement de foule.

En ce qui concerne le culte à St Laurent, le château ayant été laisé à l'abandon par les héritiers du dernier marquis de Trazegnies (mort en 1826), les domestiques mirent un plateau pour recevoir les offrandes faites au Saint, à l'entrée de la chapelle et plavèrent un écriteau sur la pompe pour distribuer l'eau. Ces pratiques furent vigoureusement critiquées par le clergé local, à tel point qu'après la vente du château, vers 1891, la relique et la statue de Saint Laurent furent transférées au curé de Trazegnies. L'Evêque de Tournai décida que la chapelle devait être désaffectée et que le pèlerinage se ferait désormais en l'eglise paroissiale. Mais cette décision ne fit pas l'unanimité et, un petit comité se fit connaître pour lutter contre cette désaffectation des lieux saints. Il fit l'acquisition d'une autre statue de St Laurent, et obtint la permission, auprès de la Société Charbonnière de Mariemont Bascoup (nouvel acquéreur du château), de l'exposer dans la chapelle. Et ce comité obtint même la bénidiction de la nouvelle statue par l'Evêque de Namur, en dépit de lobédience ecclésiastique de l'Evêque de Tournai.

Actuellement, la chapelle accueille toujours une reproduction de la fameuse statue bénie de Saint Laurent, l'original étant exposée à l'Eglise paroissiale St Martin de Trazegnies.

 

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